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Sculptures

Les œuvres de Jacques du Brœucq

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Jacques du Broeucq est né vers 1505. Là se pose une première question : né à Mons en Belgique ou à Saint-Omer ou dans ses environs ? Selon Mgr. Jean Lestocquoy en 1581 Guichardin écrivait « Jacques Brouc, nay auprès de Saint-Omer, gentilhomme ». Toutefois à Mons il y avait un peintre nommé Antoine du Broeucq. Mais nous retrouvons beaucoup de du Broeucq qui ont vécu à Saint-Omer ou dans ses environs immédiats, à cette période. Aujourd'hui la réponse n'est pas tranchée. Quoiqu'il en soit c'est en 1545 qu'il se marie à Mons. Il est mort en 1584.

Ce fut non seulement un artiste mais aussi un grand architecte du XVIème siècle. Il fut désigné par Marie de Hongrie pour dessiner les plans du nouveau château de Binche. Ce qui fut fait en 1546. Il devint alors son architecte officiel. Il fut aussi un humaniste n'hésitant pas à se former en Italie et à s'inspirer de la sculpture italienne.

Mgr. Jean Lestocquoy nous propose un échelonnement de son oeuvre :

  • le jubé de Mons entre 1534 et 1545,
  • le monument d'Eustache de Croy vers 1538,
  • le château de Bossu en 1539,
  • le château de Binche en 1545,
  • le château de Mariemont entre 1546 et 1548,
  • le tombeau de Philippe de Sainte Aldegonde de 1560 à 1575.

D'autres oeuvres non datées existent : l'annonciation de sainte Waudru, la Vierge de Fauquembergues, les sculptures du musée de Mariemont...

Ses œuvres dans notre Cathédrale

La plus connue est sûrement le mausolée d'Eustache de Croy, mais il y a aussi la Vierge à l'Enfant, le songe de Saint Joseph, la Vierge au chat et l'ange pleureur.

le mausolée d'Eustache de Croy

Le monument funéraire d'Eustache de Croy

Sur cette vue vous le voyez du côté de la nef. Nous distinguons, ainsi, mieux les détails du prie-Dieu. Et c'est aussi de ce côté que nous pouvons apercevoir la signature du sculpteur. C'est de ce côté que l'on aperçoit la mutilation due à la révolution française.

Mais qui était Eustache de Croy ? Il était le fils de Henri Ferry, comte de Roeux et de Lamberte de Brimeu. Dans son livre Monique Ducrocq, situe sa naissance en 1503. Chanoine de Cambrai, il est d'abord prévôt d'Aire sur la Lys, puis en 1521 il est nommé par Charles le Quint prévôt de Saint-Omer. Il est nommé évêque d'Arras le 8 septembre 1523. Il meurt à 33 ans le 3 octobre 1538. Son mausolée est dû à sa mère, Lamberte de Brimeu.

dessin du mausolée d'Eustache de Croy par Emmanuel Wallet

Fait de marbre et d'albâtre, il a été mutilé à la révolution. Un dessin de Wallet nous permet une restitution.

détail du visage de l'evèque

A gauche se trouve l'évêque sur son prie Dieu. Il faut admirer les finesse du travail de Jacques du Broeucq. A droite il y avait une femme en longs vêtements tenant un calice. Elle était le symbole de la Foi. Les révolutionnaires substituèrent une pique au calice et elle devint ainsi la déesse de la liberté. Elle fut placée sur le char du « triomphe de la raison », et elle est aujourd'hui disparue. Entourant ce mausolée il y avait deux anges, ou putti pleureurs, dont un seul subsiste. Il est aujourd'hui au dessus du monument funéraire de Jean Bur sous l'orgue du côté des fonds baptismaux. En 1543 Lamberte de Brimeu, qui avait fait construire ce mausolée, y fit déposer le corps d'un enfant d'Adrien de Croy . Le 7 juin 1553 c'est le coeur d'Adrien qui y est déposée. Puis elle viendra elle même reposer auprès de son fils. Pour un détail plus précis de cette oeuvre merci de vous reporter au livre de Nicolette Delanne.

vierge au chat

La Vierge au chat, et le songe de Saint Joseph

Saint Joseph songeur

Ces deux reliefs sont dans le collatéral sud. Selon la tradition ils proviendraient de de la Chartreuse de Longuenesse. Très similaires en taille, leur attribution à Jacques du Broeucq a fait l'objet de débats, Mains détails ont permis de confirmer leurs origines. Par exemple par rapport au retable de Saint-Jean l'évangéliste dans l'église de Mons où l'on retrouve le même visage de l'ange, par la chevelure de la vierge etc.

Vierge à l'enfant

La Vierge à l'Enfant

Ce relief signé à la ceinture, provient du monument funéraire de Philippe de Sainte-Aldegonde, grand bailli de Saint-Omer. Il appartenait à la Chartreuse de Longuenesse. Il est visible dans une des chapelles du collatéral nord, la chapelle des Vocations. Là encore il faut admirer la finesse des traits, l'expression de Marie, le sourire de l'Enfant. Le fragment que possède la cathédrale faisait partie d'un ensemble beaucoup plus imposant. Malheureusement les gisants et la femme de Philippe de Sainte Aldegonde qui en subsistaient au XIXème siècle furent vendus par le conseil de fabrique de la Cathédrale pour en faire de la chaux.

détail de la Vierge à l'enfant

Et peut-être d'autres ?

En effet toujours dans le texte de Lestocquoy, qui figure dans le dossier de la Cathédrale au ministère de la Culture, il est fait mention d'un relief appartenant à la collection personnelle de Monnecove, de deux petits bas reliefs appliqués contre les murs de la Cathédrale, une scène du Calvaire et la descente de Croix, d'un monument funéraire de François d'Audenfort très mutilé à l'église saint Denis, du jubé de saint Bertin dont le Christ debout est à l'église saint Denis mais dont l'attribution à Jacques du Broeucq est contestée, des deux reliefs conservés au musée Sandelin, etc. Une chose est certaine l'oeuvre de Jacques du Broeucq est grande. Elle mérite une visite tant en France qu'en Belgique ou en Flandres. Elle sera encore l'objet de contestation, mais qu'importe le principal est qu'il en reste encore des témoignages forts. À nous de les conserver et de les mettre en valeur.

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